PNM Golfe du Lion

RECUPNET :

Minimiser l’impact des déchets de la pêche professionnelle et limiter les impacts des déchets marins sur cette activité dans le Parc naturel marin du golfe du Lion

 LES OBJECTIFS

En matière de déchets marins, le plan de gestion du Parc naturel marin du golfe du Lion vise un objectif de réduction de leur quantité afin de garantir un bon état du milieu et la pratique des activités maritimes dans de bonnes conditions.

Comme toute activité, la pêche professionnelle est génératrice de déchets, contrôlés (matériel de pêche usagé) ou accidentels (engins de pêche perdus). Les déchets marins pris dans les engins de pêche peuvent gêner cette activité.

Le projet RECUPNET, lancé en février 2016, identifie les pistes de gestion de ces déchets et pose les bases d’actions, en interaction avec les acteurs locaux. Il se décline en trois volets :

Volet 1 : Vers une filière de traitement optimale des filets de pêche usagés

Les filets des petits métiers sont composés de matières valorisables, le nylon, le polyéthylène ou le polypropylène. A l’échelle du Parc, il s’avère que les filets usagés sont majoritairement éliminés dans le circuit des ordures ménagères, ce qui peut, ponctuellement poser des problèmes lors du stockage, de la collecte ou du traitement (encombrement des quais, emmêlement dans les centres de tri, etc.).

Bien que le volume exact de filets usagés soit difficile à estimer précisément (nombre de métier et nombre de jours de travail annuel variable selon les pêcheurs), l’enquête a permis d’établir une première fourchette de l’ordre de 50 à 100 m3 de filets potentiellement recyclables tous les ans.

 

L’objectif du Parc est désormais d’évaluer la faisabilité technico-économique de la mise en place d’une filière d’élimination en 2017.

Volet 2 : Impacts des déchets marins sur les pratiques de pêche professionnelle


Une soixantaine de petits métiers sont en activités dans le Parc ainsi qu’un chalutier. Aucune information chiffrée n’existait sur la quantité et la nature des déchets ramassés par les pêcheurs et les conséquences sur leurs activités professionnelles.

Durant l’été 2016, 6 pêcheurs volontaires (5 fileyeurs et 1 chalutier) ont été sollicités pour participer à un premier test de suivi des déchets capturés dans leurs engins. Les déchets ramenés à terre ont été mesurés et caractérisés.

Petits métiers

Chalutier

Volume moyen/jour

1,33 L

36,1 L

Nombre moyen/jour

1

140,7

Volume et nombre de déchets marins capturés dans les engins de pêche durant l’été 2016 par des pêcheurs volontaires du Parc

Globalement les gênes sont minimes pour les petits métiers (essentiellement perte de temps lié au démaillage) mais impactent quand même leurs pratiques. Le chalutier est plus impacté de par la nature de sa pratique.

A l’issu d’une année complète (juillet 2017), un protocole stabilisé sera élaboré en vue d’un suivi sur le long terme de l’impact de ces déchets marins sur la pêche.

VOLET 3 : Recensement & récupération des filets perdus en mer et autres déchets volumineux

Une phase d’enquête auprès des différents acteurs du Parc (pêcheurs, plongeurs, apnéistes, pompiers, gendarmerie maritime, etc.) a été lancée au printemps 2016 afin de réaliser un premier état des lieux.

Fin septembre 2016, plus de 60 engins perdus et autres déchets ont été localisés avec plus ou moins de précision. Les engins de pêche sont principalement des filets et ils sont majoritairement accrochés sur des substrats durs naturels (coralligène, roche), ou artificiels (récifs artificiels, épaves).

Des plongées de reconnaissance ont été réalisées afin d’une part de confirmer certains signalements et d’autre part d’évaluer l’impact environnemental de ces engins perdus, les risques de les laisser, notamment pour les usages (apnéistes, plongeurs) et l’impact de leur enlèvement. Pour cela, un outil d’aide à la décision simple et basé sur différents critères observés en plongée a été testé.

Une quinzaine d’opérations d’enlèvement de filets ont eu lieu durant l’été 2016 par les plongeurs du Parc. Globalement, plus de 450 m de filet représentant une surface approximative de 900 m² ont été enlevés des fonds marins.

Parallèlement, un système de signalement a été mis en place afin que toute personne observant un engin de pêche perdu ou un déchet volumineux puisse le signaler à l’équipe du Parc (dechetsmarins.golfedulion@aires-marines.fr).

Enfin, une base de données a été créée afin de suivre en « temps réel » les signalements, les enlèvements, prioriser les opérations, établir des bilans, etc.

Auteurs & contacts :

Coraline JABOUIN – chargée de mission pêches – coraline.jabouin@afbiodiversite.fr
Marc DUMONTIER – chargé de mission qualité de l’eau – marc.dumontier@afbiodiversite.fr
Parc naturel marin du golfe du Lion
Passage du vieux port  – 66 660 Port-Vendres – 04 68 68 40 20